Le Théâtre de verdure En Mode Festi 2026 : Jour 1

Le Théâtre de verdure En Mode Festi 2026 : Jour 1

Date : 11 juillet 2026.
Lieu : Vichy et plus précisément le Théâtre de Verdure à Bellerive-sur-Allier.
Événement : En Mode Festi 2026.

Après une première édition particulièrement réussie, l’association vichyssoise Onze Bis revenait avec un second opus dont la programmation faisait déjà saliver depuis plusieurs mois. Sur place, l’équipe de Bastringue — Sandrine, Sylvain et votre serviteur, déjà présents lors de l’édition précédente — était cette fois rejointe par Lucie, ancienne photographe de l’édition cantalienne du quotidien régional La Montagne.

Le souvenir laissé par la première édition d’En Mode Festi étant encore bien présent, le retour au Théâtre de Verdure s’imposait comme une évidence. Et, dès cette première journée, les organisateurs ont placé la barre très haut avec une affiche qui annonçait la couleur :  Frousss, Cartoon Machine,La Phaze et… LOFOFORA ! Une sélection musclée qui donnait immédiatement le ton de cette deuxième édition.

L’honneur d’ouvrir les festivités revient à Frousss, formation rock locale qui pose d’emblée sa signature sonore. Entre guitares, basse et machines, le groupe sculpte une matière musicale où l’énergie du rock se mêle à des textures électro plus contemporaines, teintées d’influences industrielles. Portés par des textes tantôt intimes, tantôt plus frontaux, les morceaux s’imposent avec une intensité immédiate. Sur scène, l’ensemble gagne en tension et en ampleur, faisant peu à peu monter la température.

Après un changement de plateau animé par le DJ Big Micke du côté de la restauration et des stands, Cartoon Machine fait son entrée sur scène. Les quatre Fantastiques du cover rock de musique de dessins animés arrivent tout de noir et rouge vêtus et embarquent le public dans un set aussi fun que percutant. Le groupe revisite plusieurs grands classiques de notre enfance – mention spéciale aux reprises du générique des Tortues Ninja, des chansons du Roi Lion et d’Aladdin qui ont su faire vibrer mon cœur d’enfant. Au cours du set, Cartoon Machine offre à un jeune spectateur son baptême de slam, telle une intronisation dans la communauté rock. Mais au-delà de la nostalgie, c’est surtout par leur énergie explosive et leur capacité à s’approprier ces morceaux que Cartoon Machine convainc pleinement. Les reprises gagnent en puissance, en relief, et prennent sur scène une dimension franchement jubilatoire.

Pause technique, le Théâtre de Verdure en profite pour reprendre peu à peu son souffle… Mais l’accalmie ne dure pas. L’atmosphère se densifie déjà ; l’arrivée de La Phaze fait basculer la soirée dans quelque chose de plus nerveux, plus frontal, plus physique. Formé à Angers à la fin des années 90 , le groupe a façonné au fil du temps une identité bien à lui : le pungle, collision à haute vitesse entre punk et jungle nourrie de drum’n’bass, du dub et du ragga. Devant la scène, les corps se mettent en mouvement presque instinctivement. Certains sautent, d’autres dansent, d’autres encore se contentent de hocher la tête avec ce sourire caractéristique de ceux qui savent qu’ils sont en train de prendre une bonne claque musicale. Sur scène, l’impact est immédiat : riffs de guitare lourds, machines affûtées, basses épaisses, batterie percutante, énergie organique : La Phaze déroule sa recette avec une précision chirurgicale. Plus de vingt-cinq ans après ses débuts, le groupe continue de faire évoluer son univers sans renier ce qui a construit sa réputation : cette capacité à faire cohabiter la fureur du punk et les pulsations électroniques au sein d’un même tourbillon sonore. Alors que la nuit s’installe définitivement sur le Théâtre de Verdure, les festivaliers se laissent emporter par la vague. Une vague épaisse, électrique et irrésistible qui transforme peu à peu le site en véritable chaudron.

Vous pensiez que l’intensité ne pouvait pas monter plus haut ? Détrompez-vous, chers lecteurs : Lofofora entre en scène. Trente-cinq ans de carrière, douze albums studio et pourtant pas la moindre impression d’assister à un groupe venu gérer son héritage. Dès son apparition sur les planches du Théâtre de Verdure, Lofo dégage cette aura propre aux formations qui n’ont plus rien à prouver mais continuent de jouer avec une rage intacte. Très vite, le public répond présent. Les premiers rangs s’agitent, les têtes se secouent en cadence et les pogos se forment naturellement au fil d’un set mené tambour battant. Sur scène, Reuno et sa bande affichent une maîtrise impressionnante, alternant passages rageurs et moments plus fédérateurs sans jamais laisser retomber la pression. Mais Lofofora ne serait pas Lofofora sans ses prises de parole. Au cours du concert, Reuno aborde notamment la question du patriarcat avant d’inviter les hommes à quitter temporairement le pogo afin de laisser les femmes investir l’espace et se déchaîner sans appréhension. Une initiative accueillie avec enthousiasme par le public et un moment fort qui résume à lui seul l’état d’esprit du groupe. Car si le groupe sait faire remuer les corps, il n’a jamais eu pour vocation de simplement distraire les foules. Derrière l’énergie brute se cache un discours qui questionne, dérange et interpelle. Et c’est aussi pour cela qu’on aime Lofo.

Lorsque les dernières notes résonnent dans la nuit bourbonnaise, une évidence s’impose : le Théâtre de Verdure vient de prendre une claque monumentale. Une conclusion parfaite pour cette première journée d’En Mode Festi et une nouvelle démonstration de la force de frappe intacte d’un groupe qui, trente-cinq ans après ses débuts, continue de marquer les esprits comme au premier jour.

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Guiz