Plane’R Fest 2026 : Le Jour #1 ! (Vendredi 3 juillet)
Je vais vous conter la première journée de l’édition 2026 du Plane’R Fest. Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, le Plane’R Fest est un festival de Rock et de Metal qui plante son décor chaque été aux portes de Lyon, dans le hameau de Montcul, sur la commune de Colombier-Saugnieu. Deux scènes, le Terminal 1 et le Terminal 2, y accueillent guitares saturées et refrains hurlés, dans une ambiance aussi chaleureuse que bruyante. Un rendez-vous où l’on prend un malin plaisir à en mettre plein la vue à Montcul ! Je suis accompagné par mon camarade photographe Ralph qui a réalisé les photos illustrant ce reportage en mode gonzo.
Ralph et moi partons de Lyon à 16 h 35, après avoir récupéré au passage Valerio, un de nos confrères photographes pour Metal Rock Magazine. Entre bénévoles médias, on s’entraide ! À 17 h 50, nous sommes arrivés au parking ; 5 minutes plus tard, le temps de récupérer nos passes, nous voilà rentrés sur le site du festival. Il a été réorganisé par rapport aux années précédentes pour offrir plus de place aux festivaliers et au Metal Market qui y gagne aussi un bar à l’ombre. Le Terminal 2 a également grandi.
Le Metal Market
Cette année, le Metal Market a été agrandi afin de libérer de la place sur la zone principale, en face du Terminal 1 (derrière la régie). Cela a permis d’avoir plus d’exposants, une meilleure fluidité des déplacements pour les festivaliers et aussi de proposer un deuxième petit bar, avec de l’ombre ! Comme chaque année, le Metal Market a rassemblé sur le festival un mélange d’artisans, de labels et de festivals partenaires venus à la rencontre du public Metal. Côté musique, le disquaire et label historique Adipocere, fondé en 1992 à Vonnas (Ain), tenait un stand tout comme le magazine Metallian, référence de la presse underground française depuis 1991. Plusieurs festivals régionaux étaient également présents pour se faire connaître du public, à l’image de Bridge To Hell (Crest, Drôme), de Beaujo’Fest (Saint-Georges-de-Reneins) et de Metaloïd (Ardèche), rejoints par l’association locale Saint Sauv’Rock. Côté vêtements et merchandising, les marques J’T’aime pas Clothing et Tamère Clothing, toutes deux nées dans la culture Metal et Punk, proposaient leurs t-shirts sérigraphiés. L’artisanat était largement représenté avec plusieurs créatrices de bijoux : Sina Design et ses pièces en acier inoxydable gothiques et vikings, Chauchilla et ses bijoux mêlant métal et matériaux naturels, ainsi que Lumysticart. On retrouvait aussi L’échoppe du loup, spécialisé dans l’artisanat médiéval et le paganisme scandinave, La Poulette embobinée et ses sacs en jean recyclé à l’esprit rock, la tatoueuse et artisane d’art Michiyo, ainsi que la maison d’édition Bilskirnir, dédiée aux romans épiques inspirés des mythologies nordique et celtique. Un stand de barbier complétait cette offre, aux côtés du merchandising officiel du festival et des groupes. Il y avait également : Patte dans la main, Another Bass on the Wall, Lance l’eau, Gosnik, Fantasy Art, Willyfripes, Runes de Chêne, Memento Mori, Rockzone, Cuirisis, Moshpit, Artisan du skateboard, Lastraiademilan, Wotik et Shadow Side Seeing. Merci à Aude et Axel pour la liste complète.
Le programme du jour
Nous aurons aujourd’hui :
| TERMINAL 1 | TERMINAL 2 | |
| 18 : 30 à 19 : 10 | GOATFATHER | |
| 19 : 15 à 19 : 55 | HEART ATTACK | |
| 20 : 00 à 20 : 50 | QUEENSRŸCHE | |
| 20 : 55 à 21 : 35 | PSYKUP | |
| 21 : 40 à 22 : 40 | IMMINENCE | |
| 22 : 45 à 23 : 30 | REVNOIR | |
| 23 : 35 à 00 : 35 | KANONENFIEBER | |
| 00 : 40 à 01 : 30 | SIERRA VEINS |
Le déroulé
Goatfather
Goatfather est un quartette lyonnais né en 2014, qui façonne un Heavy Stoner Metal nerveux, nourri de riffs épais, de soubresauts Southern Rock et d’une énergie très organique. Leur son, à la fois rugueux et tendu, s’impose sans fard, avec une identité déjà bien dessinée dans le paysage Metal français.
Les Lyonnais, déjà venus dans la plaine de Montcul en 2018, démarrent les hostilités pile à l’heure sur le Terminal 1. Le quartette est formé par Raphaël Jaudon (batteur), une bassiste, un guitariste, et de Yann « Olaf » Sambuis, guitariste lead et chanteur !
19 h 01 : « La dernière parle de Satan et de weed ! » C’est le morceau The Devil Made Me Smoke His Bong !
19 h 07 : « Merci le Plane’R Fest ! Faites du bruit ! On est les Goatfather ! »
Leur Stoner / Desert rock colle parfaitement avec la météo et la situation au niveau du champ qui accueille le fest : vent et poussière sur le pit ! C’est lourd comme on aime ! La dernière fois que je les avais vus c’était en première parti de Grandma’s Ashes chez nos amis du Rock’N Eat le 25 mars dernier. Ce fut un vrai plaisir de les revoir sur scène, autrement plus grande que la fois précédente !
Setlist
- Convoy
- Rainbow Rider
- Space Weeds And Heavy Trips
- Punish The Punisher
- In Your Face
- Stoner Dream
- The Devil Made Me Smoke His Bong
Merci au groupe de me l’avoir envoyé si rapidement !
Heart Attack
Heart Attack, groupe de Thrash Metal moderne né à Cannes en 2007, vient défendre dans Montcul son répertoire musclé. Porté par plusieurs albums, dont Negative Sun en 2022, le quatuor a aussi bâti sa réputation sur scène, avec un jeu direct, précis et sans fioriture.
Là encore, pile à l’heure, le quartette change immédiatement le tempo : riffs secs, batterie en double pédale et un son qui lorgne autant vers le Thrash « pur jus » des années 80 que vers la puissance du Metal contemporain.
19 h 26 : C’est leur nouveau titre pour lequel, dans le clip, ils chantent sur la tour Eiffel : Defeat The Veil !
Le circle pit se forme de lui-même, Antoine, leur guitariste, descendant jouer au centre du public et faire la fête avec tout le monde !
19 h 38 : « On est sur la fin du concert, retrouvez-nous au stand de merch ! C’est l’anniversaire de Kevin en plus ! »
Sur le final, le groupe fait s’accroupir la foule avant un dernier déferlement, puis invite, à 19 h 45, une chanteuse lyrique pour un featuring qui fait basculer le concert du côté d’un univers à la Igorrr !
Le set, direct et sans fioritures, confirme la solidité scénique de Heart Attack et laisse le public de Montcul avec la nette impression d’avoir pris une véritable baffe !
Setlist
- Wings of judgement
- Burn my flesh
- Defeat The veil
- Refuse To CONFORM
- Fight to overcome
- Negative sun
Merci à Kevin de me l’avoir envoyé aussi rapidement (une quinzaine de minutes après mon mail, chapeau bas).
Queensrÿche
Queensrÿche s’impose depuis les années 1980 comme l’une des formations majeures du Metal progressif américain, avec un sens aigu du riff ciselé et de la dramaturgie. Né à Bellevue, dans l’État de Washington, le groupe a construit sa réputation sur des albums ambitieux comme Operation: Mindcrime et Empire, entre puissance, technicité et mélodies tendues.
Changement d’ambiance avec les Américains de Queensrÿche, qui imposent leur Heavy/Progressive Metal tout en finesse sous le soleil couchant de Montcul. Sans esbroufe, le quintette déroule ses classiques avec une précision chirurgicale, porté par les harmonies des deux guitaristes et surtout par la remarquable pureté vocale de Todd La Torre , vêtu d’un t-shirt noir à l’effigie de Behemoth. Devant un pit plus contemplatif qu’explosif, les doigts de Metal se lèvent et les têtes dodelinent. Queensrÿche s’appuie sur la force de ses compositions et une exécution irréprochable pour embarquer le public.
Psykup
Psykup, groupe toulousain formé en 1995, est un des piliers du Metal alternatif français. Porté par un sens aigu du contre-pied, il mêle énergie, humour noir et riffs volontiers imprévisibles, avec une identité qu’il revendique lui-même sous l’étiquette d’« Autruche Core ». En 2025, il a publié The Joke of Tomorrow, son sixième album.
À 20 h 50, une bande-son d’orgue de cirque annonce l’arrivée de Psykup. Quinze minutes plus tard, c’est la tempête avec un pit en fusion et de la grosse bagarre !
Avec son fameux « Autruche Core », le groupe prouve une nouvelle fois qu’il reste l’un des grands spécialistes du chaos organisé. Les riffs Metal les plus furieux côtoient des ruptures Jazz Fusion inattendues, avant que la double pédale ne reprenne ses droits et relance la machine. Un grand écart permanent entre violence, groove et absurdité, dont Psykup a fait sa marque de fabrique depuis trois décennies.
À 21 h 09, un wall of death vient ajouter une dose supplémentaire de désordre dans la fosse, rapidement suivi par un passage aux sonorités chiptune et un nouveau circle pit qui semble presque s’être créé tout seul. Sur scène comme dans le public, le chaos est parfaitement maîtrisé.
Bloqué contre la barrière pendant toute la prestation, difficile de ne pas constater que Psykup envoie du steak ! Entre Metal extrême, influences Hip-Hop et délires imprévisibles, les Toulousains ont transformé le Terminal 2 en terrain de jeu collectif. Trente ans après sa formation, le groupe continue de défendre son joyeux bordel avec une énergie intacte et une efficacité redoutable.
Setlist
- I Will Let You Down
- Drinks On Me
- Rise And Fall And…
- Love Is Dead
- Same Player
- Bigger Than Life
- Your Vision
- Burn After Hearing
- Teacher
Merci à Julien Cassarino, chanteur et guitariste du groupe, de me l’avoir transmise rapidement !
Imminence
Imminence est un quintette suédois de Metalcore né à Trelleborg, qui s’est distingué par une écriture tendue et mélodique, portée par la voix d’Eddie Berg et l’usage singulier du violon. Entre intensité, reliefs atmosphériques et émotion contenue, le groupe a forgé une identité nette au sein de la scène Metal européenne.
Dès 21 h 40, sous les derniers rayons du soleil, les Suédois plongent le Terminal 1 dans leur mélange si particulier de Metalcore moderne et d’envolées atmosphériques, porté par la voix d’Eddie Berg et son violon devenu véritable signature.
Le public ne tarde pas à répondre présent. Après un Wall of death, à 21 h 53, Eddie Berg réclame un circle pit provoquant un beau chaos dans la fosse. Le chanteur passe avec aisance d’un chant clair à des screams viscéraux, tandis que son violon continue de naviguer entre fragilité et fureur.
À 22 h 33, le groupe quitte la scène après un set intense !
Les Suédois n’ont pas seulement joué du Metalcore : ils ont prouvé qu’un violon pouvait aussi participer à une bonne séance de démolition collective !
Setlist
- Temptation
- Desolation
- Heaven Shall Burn
- Beyond the Pale
- Erase
- Death by a Thousand Cuts
- The Sword That Never Bends
- Infectious
- L’appel du Vide
- God Fearing Man
- The Black
Merci Setlist.fm !
REVNOIR
Revnoir est un groupe parisien de Metal moderne à l’esthétique sombre, où l’impact des riffs s’allie à des textures électroniques et à une écriture plus introspective. Formé en 2023, le projet s’est rapidement imposé par une identité nette, entre tension brute, relief mélodique et énergie de scène.
À 22 h 45 précises, le quatuor investit le Terminal 2, devant un public déjà largement massé face à la scène. Et il ne faudra que quelques minutes pour comprendre que Revnoir n’est pas venu faire de la figuration. Entre Metalcore agressif, influences électroniques et breaks ravageurs, la formation parisienne impose rapidement son rythme à une fosse qui ne demande qu’à basculer.
La réaction du public ne se fait pas attendre : un wall of death massif se forme, suivi d’une impressionnante série de crowdsurfs que la Team Licorne s’emploie à réceptionner avec autant de vigilance que de courage. Sur scène, le groupe se donne sans compter, porté par un frontman particulièrement habité et une énergie qui transforme le Terminal 2 en véritable zone de turbulence.
Le mélange entre riffs lourds, atmosphères sombres et passages plus mélodiques est hyper efficace !
Après un peu plus de quarante minutes d’assaut, le groupe quitte la scène à 23 h 28.
Un set intense et sans temps mort qui aura laissé une fosse lessivée, mais manifestement ravie d’avoir pris cette déferlante en pleine face.
Setlist
- THE PACT
- BANG BANG
- RED ICE
- INTO QUIET
- NIGHT TERROR
- REVENGE
- INVINCIBLE
- ALCHEMISED
- CREVE
- IN LIMBO
- 20MG
Merci à Robin de me l’avoir transmise !
Le groupe en ligne
Kanonenfieber
Kanonenfieber est un projet allemand de Metal extrême originaire de Bamberg, né en 2020 autour de Noise, musicien qui cultive l’anonymat et laisse l’identité des membres hors champ. Masques, uniformes et récits nourris de lettres de soldats de la Première Guerre mondiale structurent une esthétique tendue, où le Black et le Death Metal se chargent d’une dimension narrative singulière.
À 23 h 35, le Terminal 1 du Plane’R Fest change brutalement d’époque. Oubliée l’ambiance d’un festival estival : Kanonenfieber nous entraîne dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, quelque part entre la boue, la neige et le vacarme des canons. La scène se pare de rouge, les flammes jaillissent, les silhouettes en uniforme apparaissent derrière leurs masques. Le projet allemand ne vient pas simplement jouer un concert : il installe un véritable théâtre de guerre !
Le voyage historique se construit progressivement, au fil d’une mise en scène pensée comme un récit. À 23 h 57, le groupe nous emmène ainsi en mer, à bord d’un sous-marin, nouvelle étape d’une fresque qui suit les différents fronts et les multiples visages du conflit. Au gré de l’avancée du set, la disposition scénique évolue, renforçant l’impression d’assister à une narration plutôt qu’à une simple succession de morceaux.
Leur genre musical n’est pas forcément mon truc. Je vous avoue que j’ai eu du mal à rentrer dedans à ce niveau, mais le public était clairement là pour eux, c’est l’essentiel ! Cependant, ils nous ont raconté l’Histoire avec un grand H d’un point de vue que nous n’avons pas forcément et surtout avec une scénographie dantesque !
Sierra Veins
Sierra Veins, (projet d’Annelise Morel), s’est imposée comme une voix à part de la Darkwave française, avec une écriture tendue, mélancolique et très cinématographique. Anciennement nommée Sierra, l’artiste affine en solo un univers où pulsation électronique, froideur industrielle et intensité émotionnelle avancent de concert.
00 h 42 : Alors que la première journée du Plane’R Fest tire sur ses dernières cartouches, Sierra Veins débarque seule sur scène. Après plusieurs heures de Metal dans les jambes et de poussière dans les poumons, le public encore debout s’apprête à changer de carburant !
Dès le deuxième morceau, elle tombe le perfecto et poursuit le set en t-shirt noir. La scène évolue au rythme des morceaux : rouge et blanc au troisième titre, puis orange, avec des formes lumineuses évoquant des flammes qui remontent depuis le sol dans la colonne centrale.
À 00 h 55, le bleu envahit l’espace. Sierra Veins alterne entre chant et synthétiseurs, épaulée par une bande-son préenregistrée qui densifie encore une performance déjà très physique.
À 01 h 09, les mots « I’ve never been broken » résonnent dans la nuit, extraits de « Unbroken », morceau sorti en 2019.
01 h 26 : Noir total sur la scène. Le set semble terminé, mais le public en redemande. Les applaudissements obtiennent gain de cause : un dernier morceau sera joué. Pour cette ultime apparition, Sierra Veins pousse encore plus loin la dimension visuelle en portant une machine à fumée qui donne l’impression troublante que son propre corps est en train de se consumer !
01 h 30 : C’est la fin du voyage. Les applaudissements sont nourris !
Après une journée passée à encaisser les riffs, les décibels et la poussière, Sierra Veins aura réussi à imposer une parenthèse hors du temps : une rave industrielle plantée dans Montcul !
Conclusion Jour 1
Une première journée, marquée par la chaleur qui, heureusement, n’a pas encore été trop intense, et surtout par de beaux moments sur scène. Ce fut déjà un grand plaisir de recroiser tous les copains du milieu musical local et de faire la fête tous ensemble.
Nous embarquons avec nous pour le retour, également, notre consœur Ségolène de Metal Alliance Mag. La solidarité entre médias, qu’on vous dit !
À demain Plane’R Fest !
Le compte rendu du deuxième jour sera prochainement dans nos colonnes. Cet article sera bien sur mis à jour le moment venu.
Toutes les photos sont l’œuvre de Ralph Gopaul pour Bastringue Corp, @vavador sur Instagram, tous droits réservés.
Retrouver le festival en ligne
Les réseaux pour suivre le Plane’R Fest :
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- Instagram : https://www.instagram.com/planerfestofficial/
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