SYLAK Open Air 2026 : Le Jour 2 (Samedi 1er août)
Après une première journée déjà particulièrement dense, le SYLAK Open Air poursuit son aventure ce samedi 1er août. Une deuxième journée placée sous le signe de la diversité musicale, entre Post-Rock, Metal extrême, Brutal Pop, Stoner, Hardcore et Metalcore, avec une nouvelle fois de belles découvertes et quelques noms particulièrement attendus.
Pour retrouver le compte rendu complet de la première journée du festival, rendez-vous dans notre article consacré au vendredi 31 juillet.
Place maintenant au deuxième jour du SYLAK 2026.
Au programme aujourd’hui
Pour cette journée de samedi, nous aurons onze groupes !
Ouverture des portes 10 h 30
- 11 h 30 – 12 h 00 : Catchlight
- 12 h 30 – 13 h 00 : Death Decline
- 13 h 30 – 14 h 10 : Gravekvlt
- 14 h 40 – 15 h 20 : The Great Old Ones
- 15 h 50 – 16 h 30 : Sun
- 17 h 00 – 17 h 45 : Truckfighters
- 18 h 15 – 19 h 00 : Madball
- 19 h 30 – 20 h 20 : Biohazard
- 20 h 50 – 21 h 40 : Amorphis
- 22 h 10 – 23 h 10 : Rise Of The Northstar
- 23 h 50 – 01 h 00 : Heaven Shall Burn
Déroulé
Catchlight
Fondé en 2011, Catchlight développe un univers à la croisée du Post-Rock et du Metal progressif, où guitares atmosphériques, rythmiques travaillées, claviers et passages électroniques accompagnent un chant clair et mélancolique. Le groupe construit également son identité autour d’un récit post-apocalyptique, déployé notamment sur son premier album-concept, Amaryllis, paru en 2016, puis prolongé avec Helios – Part One en 2019.
Après une première journée particulièrement intense, le SYLAK reprend ses droits dès 11 h 29, dans une ambiance forcément plus tranquille. À cette heure matinale, les survivants de la veille arrivent encore au compte-gouttes devant la scène, certains un café à la main. Une bande-son planante accompagne progressivement leur installation avant que les cinq musiciens de Catchlight ne prennent place.
Deux guitares, une basse, des claviers et une batterie composent d’abord le paysage sonore. Trois minutes plus tard, le chanteur rejoint à son tour la scène et le groupe peut commencer son voyage. Le contraste avec la débauche d’énergie du vendredi soir est saisissant : ici, pas question de faire exploser la fosse dès les premières secondes. Catchlight prend le temps d’installer ses atmosphères, de laisser respirer ses compositions et de faire émerger progressivement ses différentes nuances.
« Bonjour le SYLAK, ça va ? Est-ce que t’es chaud ? » lance le chanteur à 11 h 38. Quelques minutes plus tard, il renouvelle l’appel : « Ça va toujours le SYLAK ? ». La réponse du public, franche et massive, semble finalement lui donner raison. Il saisit alors une guitare à son tour et rejoint ses partenaires dans une séquence plus dense.
Le calme est évidemment relatif. Les envolées instrumentales viennent régulièrement rompre les passages les plus contemplatifs, rappelant que le groupe ne se limite pas à un Post-Rock vaporeux. Les respirations atmosphériques côtoient des montées plus appuyées, donnant au set une dynamique qui permet progressivement au public de sortir de sa torpeur matinale.
À 11 h 48, une improbable chenille se forme même dans le pit. L’image prête à sourire, mais elle correspond finalement assez bien à l’atmosphère particulière de ce début de journée : le public commence doucement à se réveiller, sans pour autant renoncer à l’esprit festif qui caractérise le SYLAK.
À 11 h 53, les applaudissements se font particulièrement nourris. Catchlight annonce alors son dernier morceau, avec une précision qui fait sourire : « Ça va être le dernier morceau ! Mais on fait du Post et du Prog, ça va pas être court ! » Le groupe prend ensuite le temps de remercier le public, l’équipe technique, l’accueil et, plus largement, « les gens qui se bougent pour la scène locale ».
Le dernier morceau s’étire effectivement, avant un premier « Merci à tous ! C’était Catchlight ! » à 12 h 01. Mais les applaudissements se poursuivent et les musiciens reviennent finalement saluer une dernière fois à 12 h 03, avant une photo collective.
Pour ma part, ce fut une belle découverte et une manière particulièrement agréable d’attaquer cette deuxième journée. Après la déferlante du vendredi, Catchlight a choisi une autre voie : celle des atmosphères, de la mélodie et des montées en puissance. Un réveil en douceur, mais certainement pas sans relief, qui permettait au festival de commencer cette nouvelle journée sur une note plus contemplative.
Setlist
- Hubris
- Cerbere
- Rebirth
- Expansion
Merci à Anselme de me l’avoir fournie ! Il m’a également précisé que ces titres sont pour un album (Hélios Pt.2) qui n’est pas encore sorti. La production est en cours et il sortira probablement l’année prochaine, ils n’ont pas encore de date précise.
Death Decline
Fondé à Dijon en 2008, Death Decline développe un Thrash/Death Metal nourri par une approche directe et des compositions incisives. Après une première démo en 2012 et plusieurs remaniements, le groupe stabilise son line-up en 2014 et poursuit son parcours entre albums et tournées. En 2019, le single Useless Sacrifice » retient l’attention au-delà de la scène Metal française en apparaissant dans South Park.
À peine une demi-heure après la fin du set de Catchlight, changement radical d’ambiance. Une introduction épique signée Hans Zimmer, avec Roll Tide, accompagne l’installation de Death Decline. L’accalmie matinale est de courte durée : une minute après le début de la bande-son, le quintette dijonnais entre en scène et déverse immédiatement sa déferlante de Thrash/Death, portée par une double pédale qui ne tarde pas à faire son effet.
À 12 h 35, une véritable forêt de doigts de Metal se lève dans les airs. Le public est désormais bien réveillé et les Dijonnais n’ont manifestement pas l’intention de lui laisser le temps de retomber. « Le prochain morceau s’appelle Jackals ! »
La recette de Death Decline est particulièrement efficace : des riffs acérés, une rythmique constamment sous tension et suffisamment de groove pour que la violence ne devienne jamais uniforme. Les éléments de Hardcore que l’on retrouve dans leur approche accentuent encore l’impact du set, au point de transformer rapidement les premiers rangs en une fosse particulièrement animée.
À 12 h 39, le chanteur prévient : « Ça va être le moment de faire la bagarre ! » Le message est reçu cinq sur cinq. La poussière commence à se soulever sous les pas des festivaliers tandis que le groupe poursuit son offensive. Un tonitruant « Putain de merci à toi, SYLAK ! » vient ponctuer ce nouvel échange avec un public déjà largement conquis.
À 12 h 52, Death Decline annonce son dernier morceau. Mais pas question de terminer tranquillement : « Vous connaissez la tradition, séparez-moi ça en deux, je veux voir de la poussière ! » La fosse s’ouvre aussitôt, laissant présager un dernier affrontement collectif. Les Dijonnais lancent alors Useless Sacrifice, titre qui leur avait permis en 2019 de dépasser le cercle de la scène Metal française en apparaissant dans South Park. La poussière s’élève une dernière fois sous les pas des festivaliers avant que le groupe ne pose pour la traditionnelle photo souvenir à 12 h 58.
Le soleil commence déjà à chauffer sérieusement la Plaine de l’Ain et le pit n’en a cure. Malgré cette chaleur bien présente, il est resté particulièrement fourni et actif tout au long du concert. Le Death Metal n’est décidément pas le genre que je privilégie habituellement, mais difficile de ne pas reconnaître l’efficacité de Death Decline sur scène. Les Dijonnais ont proposé un set direct, énergique et sans temps mort, suffisamment convaincant pour faire de ce début de samedi un réveil particulièrement musclé.
Setlist
- The Undying
- Jackals
- Architect Of Fears
- Feast on the Ashes
- Useless Sacrifice
Merci à Jordan de me l’avoir fournie rapidement !
Gravekvlt
Originaire de Nantes et formé en 2021, Gravekvlt revendique un « Evil Speed Metal Punk » qui mêle l’énergie du Speed et du Punk aux ténèbres du Black Metal, avec une dose de Rock’n’Roll. Le groupe puise dans le Metal extrême du début des années 1980 et l’imagerie des films d’horreur à petit budget, pour une musique brute et accrocheuse, traversée d’un goût prononcé pour les ambiances macabres.
À 13 h 30 précises, Gravekvlt investit la grande scène et ne s’embarrasse manifestement pas de préliminaires. Le quartette attaque directement, sans introduction à rallonge ni discours préalable. Ici, les Nantais sont venus pour jouer, et ils le font avec une efficacité immédiate.
Difficile de ne pas penser à Motörhead dès les premiers morceaux. Le côté Rock’n’roll, les riffs directs et cette façon de privilégier l’impact à la démonstration technique rappellent immanquablement l’héritage de Lemmy et de ses compagnons. Mais Gravekvlt ne se contente pas d’en reproduire la formule : le Black Metal et le Punk viennent assombrir et durcir l’ensemble.
Surtout, le groupe ne parle pratiquement pas. Pas de longues interventions entre les morceaux, pas de grandes explications sur les titres : Gravekvlt enchaîne, point. Cette absence de blabla pourrait sembler austère chez certains, mais elle fonctionne ici plutôt bien. Le set gagne en efficacité ce qu’il perd en bavardage, avec une musique qui se suffit à elle-même et une énergie qui ne nécessite pas d’être commentée.
À 14 h 10, un simple « Merci ! » vient mettre un terme à la prestation. La bande-son, avec leur titre Ovtro, accompagne ensuite la sortie des musiciens.
Une demi-heure passée à toute vitesse, finalement à l’image de leur musique. Je ne connaissais pas Gravekvlt avant ce passage au SYLAK, et ce fut une très bonne découverte. Leur mélange de Speed, de Punk, de Black Metal et de Rock’n’Roll possède ce petit supplément de sauvagerie qui fonctionne particulièrement bien en festival. Sans chercher à en faire trop, les Nantais ont livré un set direct, énergique et sans fioritures. Une efficace machine à remonter le temps, avec suffisamment de personnalité pour ne pas se limiter à un simple exercice de nostalgie.
The Great Old Ones
Originaire de Bordeaux, The Great Old Ones développe depuis 2009 un Black Metal atmosphérique inspiré de l’univers de H.P. Lovecraft. Ses compositions denses et mélodiques explorent un imaginaire où se mêlent horreur cosmique et mondes oniriques. Après plusieurs albums consacrés aux mythes lovecraftiens, le groupe publie en 2025 Kadath, qui suit Randolph Carter (Héros / Alter Ego de Lovecraft) dans les Dreamlands, cet univers parallèle accessible par le rêve, à la recherche de la mystérieuse cité de Kadath.
À 14 h 38, les cinq Girondins prennent possession de la scène et plongent immédiatement le SYLAK dans une tout autre dimension. Après le Speed Metal Punk direct et volontiers old-school de Gravekvlt, le contraste est saisissant : The Great Old Ones installe un climat beaucoup plus sombre, pesant et mystérieux, construit sur des nappes atmosphériques, des riffs denses et des envolées qui semblent chercher leur chemin au-delà du monde réel.
Le voyage est aussi visuel qu’imaginaire. Derrière les musiciens, l’univers de Lovecraft plane en permanence, tandis que la musique alterne passages lourds et séquences plus aériennes. Le Black Metal du groupe se teinte de Death et d’influences Post-Metal, donnant aux compositions une ampleur qui dépasse largement la simple recherche de brutalité.
À 15 h 12, après plus d’une demi-heure passée dans les profondeurs des Dreamlands, le groupe remercie le public : « Merci le SYLAK. Nous allons continuer le voyage et tous partir Under the Sign of Koth. » Le morceau prolonge cette plongée dans l’univers lovecraftien, jusqu’au dernier assaut.
À 15 h 22, une nouvelle forêt de doigts de Metal se dresse devant la scène pour accompagner la conclusion du set. Le public est nombreux, malgré le soleil qui commence sérieusement à s’imposer, et surtout particulièrement impliqué. Visiblement, le voyage aura trouvé son public.
Pour ma part, l’accroche est moins évidente. Ce Black Metal atmosphérique, très porté sur les ambiances et les développements instrumentaux, n’est pas nécessairement mon terrain de prédilection et je suis resté davantage spectateur qu’embarqué dans l’expédition. Mais difficile de ne pas constater la communion qui s’est installée devant la scène. Les amateurs du genre semblent, eux, avoir trouvé leur portail vers les Dreamlands.
Et puisqu’il faut bien saluer les Anciens comme il se doit : « Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn. » Dans l’univers imaginé par Lovecraft, Cthulhu dort en attendant son heure. Au SYLAK, ses adorateurs, eux, étaient manifestement déjà bien réveillés.
Sun
SUN est le projet de Karoline Rose, chanteuse, guitariste et compositrice franco-allemande qui a forgé le terme « Brutal Pop » pour définir son alliage de mélodies Pop, d’énergie Rock et de fureur Metal. Formée au Death Metal, passée par les comédies musicales, le théâtre et le cinéma, elle déploie en duo une musique où chant clair, cris saturés et riffs acérés se répondent. Son premier album, Krystal Metal, est paru en 2025.
Le soleil commence justement à cogner sérieusement lorsque SUN investit la grande scène à 15 h 50. Karoline Rose arrive accompagnée de ses deux musiciens, Bassem à la basse et au clavier et Boris à la batterie, et le trio attaque précisément à l’heure prévue. Pas de temps mort : I Killed My Man lance immédiatement un set qui va jouer, comme toujours avec SUN, sur les contrastes.
Durant ce premier titre, Karoline Rose retire progressivement certains de ses attributs scéniques : d’abord son voile, puis ses lunettes de soleil au début de Fast Car. Le geste accompagne parfaitement une musique qui refuse elle aussi de rester dans une seule posture. Une mélodie presque douce peut soudain céder la place à un cri saturé, une ligne Pop accrocheuse déboucher sur un riff beaucoup plus agressif. La Brutal Pop porte décidément bien son nom.
À 15 h 59, « Ça va, le SYLAK ? ». La réponse du public est suffisamment enthousiaste pour relancer la chanteuse, qui poursuit avec Free Your Soul, puis Painful Attraction. Dans la fosse, les premiers crowdsurfers apparaissent. Parmi eux, une très jeune fille attire l’attention de Karoline Rose, qui la remarque depuis la scène. L’image est assez révélatrice de l’ambiance : malgré la violence de certains passages, le concert reste profondément tourné vers le partage avec le public.
Après avoir présenté Bassem et Boris, SUN enchaîne avec Come Clean, avant de s’attaquer à une reprise : Survivor, de Destiny’s Child. Le titre prend évidemment une autre dimension une fois passé entre les mains de Karoline Rose. Elle fait battre les mains du public en rythme au milieu du morceau.
À 16 h 15, le trio poursuit avec Forgive, avant de monter encore d’un cran quelques minutes plus tard avec Krystal Metal, le morceau-titre de l’album paru en 2025. Le contraste entre mélodies accrocheuses et déferlantes vocales atteint ici une nouvelle intensité.
Quelques minutes plus tard, Karoline Rose annonce la fin du concert : « Merci SYLAK ! Ça va être le dernier morceau. » Mais avant cela, le trio pose pour la traditionnelle photo souvenir, exceptionnellement réalisée avant le dernier titre.
Puis vient la phrase : « J’en ai marre de toi John ! ». Le public comprend rapidement où elle veut en venir : John & I (Money) est lancé pour conclure le set.
Mais SUN n’allait évidemment pas se contenter d’un dernier morceau bien sagement joué depuis la scène. À 16 h 28, elle demande au public : « SYLAK ! Séparez-vous en deux jusqu’au fond ! Faites attention, il y a du gravier, ne vous pétez pas la gueule ! ». La fosse s’ouvre progressivement avant qu’un Wall Of Death ne vienne apporter une dernière dose de brutalité à cette prestation décidément très complète.
« Merci SYLAK ! ».
À 16 h 30, le concert s’achève sous des applaudissements nourris.
Et c’est peut-être la seule véritable frustration de ce passage : c’est passé tellement vite. J’avais déjà eu la chance de voir SUN à plusieurs reprises sur la petite scène du Rock’n’Eat, à Lyon, ainsi qu’au Plane’R en 2025. La retrouver cette fois sur la grande scène du SYLAK, face à un public qui se compte en milliers, change évidemment la dimension du spectacle. Mais pas l’essentiel : Karoline Rose conserve cette capacité assez rare à passer d’une douceur presque désarmante à une violence vocale saisissante sans que l’ensemble paraisse artificiel.
Le public, manifestement, ne s’y est pas trompé. À peine le concert terminé, une longue file se forme déjà devant le stand de merchandising. Preuve supplémentaire que cette Brutal Pop, à la fois mélodique, rageuse et parfaitement calibrée pour la scène, a largement trouvé son public au SYLAK.
Setlist
- I killed my man
- Fast Car
- Free your soul
- Painful Attraction
- Come Clean
- Survivor (Destiny’s Child)
- Forgive
- Krystal Metal
- John & I (Money)
Merci à Bassem, Guitariste, Responsable et Directeur du Label, de me l’avoir envoyée si rapidement !
Truckfighters
Formé en 2001 à Örebro, Truckfighters est un groupe suédois de Stoner Rock fondé par le guitariste Niklas « Dango » Källgren et le bassiste-chanteur Oskar « Ozo » Cedermalm. Leur musique repose sur des riffs lourds, une forte présence de fuzz et des compositions aux accents psychédéliques. Après cinq albums, de Gravity X (2005) à V (2016), le groupe a publié Masterflow en 2026.
À 17 heures précises, le trio suédois prend possession de la grande scène. Pas de mise en scène compliquée : Truckfighters laisse immédiatement parler les instruments. Au milieu des nappes de fuzz, des riffs lourds et des passages plus psychédéliques, le Stoner Rock des Suédois installe une atmosphère à la fois massive et planante.
Visuellement, il est toutefois difficile de ne pas remarquer Niklas « Dango » Källgren. Torse nu, vêtu d’un simple bermuda rouge, le guitariste semble incapable de tenir en place. Il court d’un bout à l’autre de la scène, saute, se penche vers le public et revient sans cesse vers ses partenaires. Une énergie qui contraste avec le caractère souvent plus hypnotique des compositions et donne au concert une dimension très physique.
Le set fait la part belle à l’instrumental. Les morceaux prennent le temps de développer leurs riffs, de laisser respirer les sonorités saturées et de faire monter progressivement la tension. Le Stoner de Truckfighters peut ainsi se montrer lourd et groovy avant de s’étirer vers des passages plus psychédéliques, sans jamais perdre son efficacité.
Devant la scène, le public ne reste évidemment pas complètement immobile. Quelques slams viennent régulièrement traverser la fosse et sont, comme depuis le début de la journée, vaillamment réceptionnés par les bénévoles de la Team Licorne. Même dans un concert davantage porté sur le voyage instrumental, l’esprit du SYLAK reste bien présent.
À 17 h 46, un simple « Thank you so much ! » vient conclure la prestation.
Je ne connaissais finalement Truckfighters que de nom, notamment parce que Niklas Källgren assure le mixage de l’album à sortir de Doctor Cunningham. La découverte sur scène n’en fut que meilleure. Le trio a proposé un set à la fois généreux, groovy et suffisamment aventureux pour ne jamais se limiter à une simple démonstration de Stoner Rock. Une excellente surprise, portée par un guitariste particulièrement remuant et une musique qui fonctionne aussi bien dans ses moments les plus lourds que dans ses échappées psychédéliques.
Madball
Né à New York en 1988 dans le sillage d’Agnostic Front (que nous verrons demain sur scène), Madball s’est formé autour de Freddy Cricien, frère cadet de Roger Miret, chanteur et figure fondatrice de ce groupe pionnier du Hardcore new-yorkais. Entre Punk hardcore et influences Metal, Madball a marqué les années 1990 avec Set It Off et Demonstrating My Style, avant de poursuivre son parcours avec Hold It Down, Hardcore Lives et For the Cause (2018), son neuvième album studio.
À 18 h 14, une bande-son du rappeur allemand Haftbefehl (Lass die Affen aus’m Zoo) résonne dans les enceintes. Deux minutes plus tard, Madball entre en scène et attaque directement avec Heavenhell. Pas de round d’observation : le quartette new-yorkais est venu faire ce qu’il sait faire depuis près de quatre décennies, et la fosse le comprend immédiatement.
« We are Madball ! » lance Freddy Cricien à 18 h 18. Le chanteur arpente la scène avec une énergie constante, tandis que les premiers rangs commencent déjà à sérieusement s’agiter. Le Hardcore new-yorkais de Madball conserve cette capacité à aller droit au but : des riffs secs, une rythmique compacte et cette tension permanente qui semble toujours pouvoir faire basculer le public dans une nouvelle vague de mouvement.
À 18 h 23, quelques mots suffisent : « Merci, merci beaucoup, merci, gracias. It’s been a few years since we played SYLAK. This is the last show of this tour ! » Puis vient Tethered. L’annonce donne évidemment une saveur particulière au concert : dernière date de la tournée, et dernière occasion pour Madball de lâcher toute son énergie avant de rentrer à New York.
À 18 h 33, Freddy Cricien effectue un large moulinet du bras. Pas besoin de traduction simultanée : le public connaît le langage. Circle pit ! La fosse s’organise et la ronde démarre, tandis que le quartette poursuit son offensive.
Le rythme ne retombe jamais vraiment. À 18 h 46, le chanteur félicite la foule : « You motherfuckers were good ! » avant d’enchaîner avec Get Out. Trois minutes plus tard, les ballons gonflables apparus la veille refont leur apparition au-dessus du public.
À 18 h 54, l’heure du dernier morceau approche. « This is our last one ! Biohazard is next ! » Un dernier rappel de l’identité new-yorkaise du groupe « New York Hardcore… We are Madball ! » puis le quartette lance son ultime assaut.
Les applaudissements sont massifs lorsque le concert s’achève. « Merci ! » Et la fosse peut enfin reprendre son souffle.
Pour Madball, la démonstration n’avait rien de théorique. La grosse bagarre annoncée devant la scène a bien eu lieu, du premier au dernier morceau, avec une fosse constamment en mouvement. Près de quarante ans après ses débuts, le groupe n’a manifestement rien perdu de son efficacité scénique : Freddy Cricien reste un chef d’orchestre particulièrement convaincant, capable de provoquer un Circle Pit d’un simple mouvement du bras, tandis que ses musiciens maintiennent une machine Hardcore parfaitement huilée.
Une prestation directe, physique et sans fioritures, qui rappelle pourquoi Madball demeure l’un des noms incontournables du Hardcore new-yorkais.
Biohazard
Formé à Brooklyn en 1987, Biohazard a contribué à redessiner les contours du Hardcore new-yorkais en mêlant riffs de Metal, énergie punk et phrasé hip-hop. Porté par des textes ancrés dans la réalité urbaine, le groupe connaît une percée internationale avec Urban Discipline (1992), avant de poursuivre cette fusion sur State of the World Address (1994). Une trajectoire marquée par les remaniements, les retrouvailles et une influence durable sur les musiques extrêmes des années 1990.
Après la déferlante Madball, la soirée poursuit son virage Hardcore avec une autre institution New-Yorkaise. À 19 h 30, le soleil commence à descendre lorsque Biohazard prend possession des planches. La lumière leur arrive droit dans les yeux, mais cela ne semble pas perturber les vétérans de Brooklyn. Une bande-son improbable, Gonna Fly Now, le célèbre thème de Rocky composé par Bill Conti, accompagne leur entrée avant que le groupe ne passe aux choses sérieuses.
« Bonsoir, comment allez-vous ? Ça va ? Are you ready ? » Quelques mots pour sonder la foule, puis la machine se met en route. Depuis ses débuts à la fin des années 1980, Biohazard a toujours cultivé ce mélange particulier de Hardcore, de Metal et de Hip-Hop, et cette formule conserve une redoutable efficacité en concert. Les riffs sont lourds, la rythmique compacte et l’énergie suffisamment communicative pour que le public ne tarde pas à reprendre ses habitudes de la journée : mosh, slams et mouvements incessants devant la scène.
À 20 h 04, le groupe décide d’ailleurs de rendre hommage à une autre formation majeure du Punk Hardcore. « Circle pit ! » Le public s’exécute avant que Biohazard n’attaque We’re Only Gonna Die, reprise de Bad Religion que le groupe avait enregistrée en 1996 et qu’il continue de jouer régulièrement sur scène. Le titre trouve naturellement sa place dans cette soirée placée sous le signe du Hardcore.
Le groupe enchaîne ensuite avec Punishment, l’un de ses morceaux emblématiques. Le soleil baisse encore, la lumière devient plus douce et, devant la scène, l’agitation ne faiblit pas. Près d’une heure après le début du set, Biohazard démontre que son retour sur les grandes scènes ne relève pas simplement de la nostalgie.
Parmi les nombreux slams de la soirée, l’un d’eux marque particulièrement le chanteur : un festivalier en fauteuil roulant se lance à son tour dans la foule. Le moment semble toucher profondément Evan Seinfeld, rappelant au passage ce que peut représenter un concert de Hardcore lorsqu’il dépasse la seule performance musicale pour devenir un véritable espace de participation collective.
À 20 h 17, Biohazard achève son passage. Pas besoin d’en rajouter : les anciens ont une nouvelle fois parlé par les actes.
Après Madball, les vétérans de Brooklyn ont donc parfaitement entretenu la température de cette soirée. Eux non plus n’avaient plus grand-chose à prouver, mais ils ont démontré qu’ils avaient encore largement sous le pied. Dans la lumière du soleil couchant, entre mosh, slams et circle pits, Biohazard a mis le feu au SYLAK avec un set solide, accrocheur et particulièrement efficace. Une prestation qui confirme que, près de quatre décennies après ses débuts, l’énergie de ces pionniers du Hardcore n’a rien perdu de sa force.
Amorphis
Formé à Helsinki en 1990, Amorphis a d’abord creusé un sillon entre Death Metal et Doom Metal avant d’élargir progressivement sa palette. Avec Tales from the Thousand Lakes (1994), le groupe mêle à ses fondations extrêmes des mélodies plus amples et des influences issues du folklore finlandais et du Kalevala, l’épopée nationale finlandaise. Au fil de sa discographie, Amorphis a développé un Metal mélodique et progressif, où les claviers et les guitares tiennent une place centrale.
La nuit est désormais tombée sur le SYLAK lorsque les premières notes d’une bande-son aux accents techno-martiaux résonnent à 20 h 49. Après la fin d’après-midi consacrée au Hardcore New-Yorkais, le changement d’atmosphère est radical. Une minute plus tard, le sextette finlandais entre en scène et attaque avec Bones, morceau épique qui donne immédiatement le ton.
Light and Shadow, puis Silver Bride, confirment cette première impression. Les guitares sont puissantes, les claviers apportent une profondeur supplémentaire et la voix de Tomi Joutsen navigue entre chant clair et growl. Le Death Metal des origines est toujours là, mais il s’inscrit désormais dans un ensemble beaucoup plus vaste, où les mélodies et les atmosphères occupent une place centrale.
À 21 h 04, le chanteur s’adresse au public : « Merci beaucoup ! We are Amorphis from Finland ! » avant d’introduire Wrong Direction. Quelques minutes plus tard, il reconnaît ce que tous les festivaliers ressentent encore malgré la nuit : « It’s fucking hot in here ! ». La température a certes baissé, mais le passage d’Amorphis n’a rien d’une cure de fraîcheur. Avec The Moon, le groupe poursuit son voyage entre mélancolie et puissance.
À 21 h 15, retour à l’un des albums fondateurs de leur identité : « The next song is from the album Tales from the Thousand Lakes ». Les premières notes de Black Winter Day déclenchent une réaction immédiate du public. Plus de trente ans après sa sortie, le morceau conserve cette capacité à faire cohabiter lourdeur et mélodie, tout en laissant transparaître les racines folkloriques qui ont contribué à distinguer Amorphis de la masse du Death Metal de son époque.
Dancing Shadow lui succède à 21 h 20. Le morceau, plus marqué par les sonorités électroniques, donne même l’occasion au public de participer en frappant des mains en rythme. Puis vient House of Sleep, précédé d’un simple « Are you ready for the next one ? ». Manifestement, oui.
À 21 h 29, Tomi Joutsen annonce qu’il reste encore un morceau. The Bee vient ainsi conclure le voyage, avant les derniers remerciements : « Thank you so much ! Merci beaucoup ! We are Amorphis ! »
Le groupe quitte la scène tandis que Tempest prend le relais dans la bande-son.
Je dois bien l’avouer : c’est une excellente surprise. Comme je vous l’ai déjà dit, le Death Metal n’est habituellement pas le genre qui me parle le plus, mais Amorphis m’a pris à contre-pied. Là où je pouvais craindre que les racines extrêmes prennent le dessus, c’est finalement toute la dimension mélodique, Folk et épique qui m’a séduit. Les claviers, les guitares et ces atmosphères inspirées du folklore finlandais donnent aux compositions une ampleur qui dépasse largement les étiquettes.
Rise Of The Northstar
Rise of the Northstar, aussi appelé simplement ROTN, est un groupe de Metal, originaire de Paris et mélangeant Metalcore, Groove Metal, le Thrash Metal et Hip-Hop dans un univers japonisant. Notablement, le nom du groupe s’inspire du titre homonyme américain du manga Ken le Survivant.
À 22 h 15, une boucle Hip-Hop résonne sur la grande scène. Deux minutes plus tard, les premiers gros riffs viennent déchirer cette introduction et Neo Paris lance véritablement le set de Rise of the Northstar. Le contraste entre la rythmique Hip-Hop et les guitares massives résume en quelques secondes la formule du groupe : une musique hybride, mais surtout pensée pour provoquer une réaction immédiate dans le public.
À 22 h 25, le message est simple : « Tout le monde les mains en l’air ! ». Les bras se lèvent et la machine ROTN est lancée.
À 22 h 35, une séquence façon zapping de chaînes de radio traverse les enceintes, multipliant les extraits et références avant de déboucher sur One Love.
« Merci d’être là l’équipe, on vous kiffe ! » lance le groupe à 22 h 39, avant d’annoncer un morceau issu de son quatrième album : Payback. Back 2 Basics suit rapidement. C’est du lourd, croyez-moi !
À 22 h 56, A.I.R. Max vient encore alourdir l’atmosphère. Puis, deux minutes plus tard, la scène plonge dans le noir. Fin du concert ? Pas vraiment. Une nouvelle bande-son retentit et, après ce court silence savamment orchestré, les musiciens reviennent sur scène. Une fausse fin parfaitement assumée, même si personne dans le public ne semble réellement avoir cru à leur départ.
Rise [ライズ] est lancé. Des sortes de pétales inspirés des fleurs de cerisier commencent alors à tomber autour de la scène, ajoutant une touche visuelle presque poétique à une prestation qui, quelques secondes auparavant, ressemblait davantage à une opération de démolition en règle.
À 23 h 06, ROTN annonce cette fois réellement son dernier morceau : « C’était Rise Of The Northstar pour vous ici ce soir, on en a une dernière. Est-ce qu’il y en a qui connaissent ça ? ». La réponse ne tarde pas lorsque résonnent les premières notes de Again and Again, titre datant de 2014.
Le set se termine véritablement à 23 h 12, sur un dernier « Peace ! », avant que One Love ne revienne dans la bande-son pour accompagner la sortie du groupe.
Et dans la fosse, le programme aura été conforme aux promesses : une immense bagarre, avec les slams qui se succèdent et sont, une fois encore, réceptionnés avec efficacité par les bénévoles de la Team Licorne. ROTN avait annoncé son intention de retourner le SYLAK ; le public, lui, n’a manifestement pas demandé son reste.
Rise Of The Northstar n’est peut-être pas venu chercher la subtilité ce soir, mais il est difficile de lui reprocher de ne pas avoir rempli son contrat : faire bouger le SYLAK !
Heaven Shall Burn
Originaire de Thuringe (Allemagne), Heaven Shall Burn s’est formé au milieu des années 1990 autour d’un Metalcore nourri de Death Metal mélodique et de Hardcore. Porté par les vocaux de Marcus Bischoff, le groupe allemand associe depuis ses débuts une écriture abrasive à des textes engagés, notamment contre le racisme et le fascisme. Au fil de près de trois décennies, sa discographie a consolidé une identité où la violence musicale accompagne une parole politique assumée.
Il est presque minuit lorsque le dernier groupe de cette deuxième journée investit la scène. Mais malgré l’heure avancée, Heaven Shall Burn ne semble manifestement pas avoir reçu le mémo concernant la fatigue. La double grosse caisse se met immédiatement à marteler et le quintette allemand attaque avec une intensité qui tranche avec l’état de la fosse après une journée particulièrement chargée.
À 23 h 49, Marcus Bischoff lance un premier « SYLAK, are you ready ? ». La réponse est là, même si le public commence logiquement à montrer quelques signes d’épuisement après les nombreuses heures de concerts et les incessantes batailles de la fosse.
À minuit passé, le chanteur félicite pourtant les festivaliers : « You’re amazing, my friends ! Merci ! ». Puis le ton change légèrement. À 00 h 06, il annonce un morceau plus émotionnel, consacré à la perte et surtout à la peur de perdre quelqu’un. Numbing the Pain apporte alors une respiration dans ce déluge de Metalcore, sans pour autant faire disparaître la lourdeur qui caractérise le groupe.
À 00 h 13, retour à une ambiance plus festive : « SYLAK, are you ready to dance ? ». Confounder remet la machine en mouvement, suivi quelques minutes plus tard par Awoken. Les guitares restent massives, les vocaux de Marcus Bischoff toujours aussi abrasifs et la rythmique ne laisse pratiquement aucun répit.
À 00 h 43, le groupe annonce ce qui semble être la fin du concert : « Good night, my friends ! Thank you so much ! ». Les lumières restent allumées dans une teinte bleue, signe assez évident qu’un rappel est programmé. Personnellement, j’ai toujours un peu de mal avec ces rappels organisés à l’avance : le principe même perd une partie de son intérêt lorsqu’il devient prévisible.
Une minute plus tard, les lumières changent et une bande-son crépitante accompagne le retour du groupe. Corium est lancé et s’achève vers 00 h 50. Les remerciements reprennent, mais cette fois l’annonce est claire : « OK, this will be the last one. We’d love to come back ! » Après avoir salué la sécurité avec « Shout out to the coolest security ! », Marcus Bischoff présente le dernier morceau avec un message qui correspond parfaitement à l’engagement du groupe : « This song is about kicking some Nazis’ asses ! »
À 00 h 52, Armia vient donc porter le dernier assaut de la soirée. Deux minutes plus tard, le public est à nouveau invité à participer : « SYLAK, are you ready ? ». La machine allemande donne encore tout ce qu’elle a.
À 00 h 57, c’est terminé. Le dernier accord de Heaven Shall Burn marque également la fin de cette deuxième journée du SYLAK 2026.
Musicalement, c’est une belle découverte. Heaven Shall Burn possède cette combinaison particulièrement efficace entre la brutalité du Metalcore et les mélodies héritées du Death Metal, avec suffisamment de puissance scénique pour maintenir l’attention jusqu’au bout. Sur scène, le quintette ne ménage clairement pas ses efforts.
Mais il faut aussi être honnête : à cette heure-là, la fatigue commence à peser. Après onze groupes et une journée passée debout sous le soleil, sans compter les innombrables slams, Circle Pits et Wall Of Death, difficile d’attendre du public la même énergie que plus tôt. La fosse paraît logiquement moins remuante alors que Rise of the Northstar venait de la retourner.
Heaven Shall Burn, lui, ne ralentit pas. Et c’est peut-être ce qui résume le mieux cette fin de samedi : un groupe encore à pleine puissance face à un public qui, lui, commence sérieusement à avoir besoin de sommeil.
Conclusion Jour 2
Encore une excellente journée au SYLAK, même si la chaleur n’aura rien arrangé et que la fatigue commence sérieusement à se faire sentir après deux journées bien remplies.
Deux heures du matin. Il est temps de dormir.
À demain, SYLAK !
(l’article sur le jour 3 sera prochainement mis en ligne)
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