Festival SYLAK OPEN AIR 2023 : le compte rendu du Jour 3 (dimanche 6 août)

Festival SYLAK OPEN AIR 2023 : le compte rendu du Jour 3 (dimanche 6 août)

Vous pouvez déjà retrouver les comptes rendus des deux jours précédents sur Bastringue Corp :

En ce dimanche matin, troisième et dernier jour du SYLAK 2023, je vous avoue que la fatigue commence à se faire sentir après deux jours intenses. Mais fidèle au poste, j’arrive tout pile à 11 h pour Drive North qui attaque en cette matinée nuageuse, la pluie est passée. Heureusement pour le festival ! Nous aurons tous une pensée pour les festivaliers du Wacken Open Air, de Metaldays et Ronquières (dans une moindre mesure que les deux autres).

Comme hier, nous avons de nouveau onze groupes pour ce troisième jour !

  • 11 h 00 à 11 h 30 : Drive North (Hardcore & Metal – Lyon / FR)
  • 12 h 00 à 12 h 30 : Eight Sins (Crossover Thrash Hardcore – Grenoble / FR)
  • 13 h 00 à 13 h 40 : Leng Tch’e (Grindcore – BE)
  • 14 h 10 à 14 h 50 : Warside
  • 15 h 20 à 16 h 00 : Church Of Misery (Doom Metal – JP)
  • 16 h 30 à 17 h 15 : Demented Are Go (Psychobilly / Pervo-Punkabilly – UK)
  • 17 h 45 à 18 h 30 : The Hillbilly Moon Explosion (Rockabilly – CH)
  • 19 h 00 à 19 h 50 : EyeHateGod (Sludge Metal – USA)
  • 20 h 20 à 21 h 10 : Soulfly (Nu / Thrash / Groove / Death / Heavy Metal – USA/BR)
  • 21 h 40 à 22 h 40 : Deicide (Death Metal – USA)
  • 23 h 25 à 00 h 55 : Heilung (Folk Experimental – DK)

Drive North

Monté en janvier 2022 (autour de membres de Yoda Rising, Bottlenext, Lashing Fred, Doberman Crew, Klozecore), Drive North sort son premier EP en juin, ainsi que son premier clip. Le groupe fait également son premier live dans la foulée. Mode « On n’est pas là pour faire figuration » activé ! La maison Drive North prône l’efficacité et le bien mosher. DN n’a pas choisi son camp et le revendique : Hardcore, Punk, Metal… On s’en fiche ! Tant que la bande son est bonne, c’est validé ! À force d’années sur la route avec leurs différents projets, les membres de DN ont acquis une solide expérience du live et du reste d’ailleurs. Niveau expert en Tetris de matos, en routes secondaires et sandwichs triangles, mais surtout en concert droit au but. Le groupe n’est pas une machine formatée en studio, mais définitivement taillée pour la scène. Le live, c’est leur ADN !

Drive North était au Warmup Hellfest 2023 et c’était là que nous les avions vus pour la première fois puis pour le Tremplin du Plane’R Fest 2023 chez les copains du Rock N’Eat. Aujourd’hui, c’est donc la troisième fois que je les vois cette année. Dois-je préciser que j’aime beaucoup ce qu’ils font ?

À 11 h 09, ils demandent si certains sont encore saoul de la veille ! Personnellement, j’en suis encore au café et avec le bourrinage, ça réveille bien ! Ils adressent des remerciements au public d’être là juste avant King Cobra. Malgré l’heure et la fraîcheur matinale pas si désagréable que ça en cet été caniculaire, ça pogote déjà bien dans le Pit et il y a même du crowdsurfing à quatre ou cinq. À 11 h 30, c’est déjà la fin du (trop court) set et de la photo de groupe traditionnelle. Je profite alors de ce moment pour un petit coucou à Annabelle, leur ingé lumière, et son chéri William qui était sur scène.

Drive North a sorti un aftermovie de sa prestation au SYLAK 2023 :

Eight Sins

Le groupe grenoblois de Thrash Hardcore fondé en 2006 Eight Sins est composé de Julien Alves à la batterie, Arnaud Groby à la guitare, Loïc Pouillon au chant et Mikael Loran à la basse, animés par la même passion et le même objectif : donner le meilleur sur scène quoiqu’il arrive. On vous le fait en deux mots : Beers & Moshpit ! Il faut noter que c’est leur chanteur Loïc Pouillon/ Loxiput qui a réalisé l’affiche du SYLAK de cette année et que leur album Straight To Namek doit sortir cet automne. Nous les avions vu deux fois l’an dernier au tremplin du Plane’R 2022 qu’ils avaient remportés et donc au Plane’R 2022 grâce à cette victoire.

11 h 58 : c’est l’heure de l’intro du quatuor Eight Sins et du premier Circle Pit à midi tapante ! Ils nous disent que « Grenoble ça pue la merde » alors ça sera Street Trash. Après un coucou à ses parents, le chanteur envoie Too old for this shit. À 12 h 24, ils veulent un « mur de mort » (sic) et, trois minutes plus tard, c’est le moment de la dernière baston sur Beers & Moshpit, leur hymne. 12 h 30 : fin et photo de groupe.

Personnellement, j’aime toujours autant !

Leng Tch’e

Le groupe belge de Death/Grind Leng Tch’e fut formé en 2001 par des membres d’Aborted et Anal Torture. Leng Tch’e définit son style comme étant du « Razorgrind », à savoir un mélange de Death/Grind avec quelques plans Stoner et Metalcore.

À 13 h, Leng Tch’e démarre son set et à 13 h 08, nous sommes interpellés par le chanteur, Serge : « Vous n’êtes pas encore bourrés ? Vous avez tort ». Ça headbangue dans la fosse sur leur mélange de Death et de Grind. À 13 h 26, il adresse une pensée aux collègues du Wacken, de Metaldays et aux autres qui subissent les tourments climatiques avant de continuer à déboiter les cervicales du public. Il est 13 h 39 lorsqu’il annonce la fin du set avec des remerciements et surtout un dernier morceau pour une fin effective à 13 h 43 !

WARSIDE

Nous avons appris la nouvelle le jeudi 3 août, mais Siberian Meat Grinders (Thrash Metal Punk – RU) n’a finalement pas pu venir (sans doute une des conséquences de la géopolitique actuelle). Pour leur créneau de 14 h 10 à 14 h 50, ils sont remplacés par Warside, groupe de Blastbeats Lyonnais.

Nous pourrions vous dire leurs noms, mais est-ce vraiment important ?

Est-il important de savoir qu’ils sont français, d’une ville où l’on se noyait dans l’absinthe et le sang des bagarres ?

Qu’est-ce qu’on en a à faire ?

Tout ce qui compte, c’est de savoir qui ils admirent : des précurseurs, qui veulent tout, tout de suite, qui accueillent les fidèles et détruisent les récalcitrants. Quel est le trait commun entre ces personnes, qui résonne en eux ?

Le feu qui brûle à l’intérieur pour les vraies choses, les vraies personnes, la vraie musique et le vrai engagement. Cette volonté de ne pas abandonner et d’en vouloir toujours plus. Ce besoin primitif de se battre, de crier, de hurler, de détruire et de survivre. Ils pensent que tout le monde a ces sentiments à l’intérieur de soi. Et ils veulent vous montrer cette facette de votre personnalité. Ce côté brutal et impitoyable que vous avez, ils l’appellent Warside

Très précisément à l’heure, à 14 h 10, Warside attaque dans la violence !

À 14 h 36, il ne reste que deux morceaux et ça bourrine à grand renfort de double pédale.

À 14 h 42, c’est la dernière avec un joyeux bordel dans la fosse.

Malgré quelques petits soucis techniques, ils ont assuré le show et le public est resté présent pour en prendre plein la face !

Church Of Misery

En termes de musique Heavy, le Japon est depuis longtemps un foyer de groupes progressifs, dont Sigh et Boredoms. Church of Misery, groupe de Doom influencé par le Stoner, est plutôt une anomalie dans ce sens ; le groupe s’oriente vers des standards Doom familiers et démodés, orientés vers le groove. Formé à la fin des années 1990, le groupe a été influencé par les suspects habituels (Black Sabbath, Kyuss, Saint Vitus, etc.). Tatsu Mikami est toujours le seul membre « original » du groupe, mais il est désormais à la tête de la nouvelle formation. Church of Misery fait partie de ces groupes qui vous prennent à la gorge lorsque vous êtes complètement dedans.

Ils chantent à propos de meurtriers, de morts mystérieuses et de crimes sanglants, et enveloppent toutes ces atrocités sans cesse énumérées dans des riffs graisseux. Black Sabbath par-ci, Eyehategod par-là, il y en a pour tous les goûts. Les Japonais du label Nuclear Blast ne manquent jamais à l’appel, car ils savent toujours arracher le groove primitif du Doom Metal de manière si convaincante qu’une feuille de cannabis pousse sur le front de l’auditeur. Cela fait plus de deux décennies qu’ils jouent, et les moyens utilisés sont toujours aussi fiables.

15 h 20 : les Japonais de Church Of Misery, attaquent sous le soleil à nouveau présent.

Les trois frontmens sont en t-shirt et jeans à pâte d’eph.

Pour les fans de T-shirts, nous avons le bassiste avec blue Oyster Cult. D’ailleurs, il est notable qu’il joue la guitare très basse justement et donc qu’il pince les cordes plutôt sur le manche. Le chanteur porte les couleurs de Hirax, pour le guitariste, c’est Pentagram et le batteur, Corrosion Of Conformity

Nous avons eu des moments plutôt rock, hardrock et d’autres plus heavy dont notamment Born To Raise Hell. 15 h 55, c’est déjà la fin !

J’étais fort intrigué par ce groupe Japonais de Doom / Stoner quand j’ai vu la programmation et j’avoue ne pas avoir été déçu, ce fut une superbe découverte pour moi ainsi qu’un petit moment de calme au milieu de la tempête du festival !

Demented Are Go

Demented Are Go (DAG pour les intimes) est un groupe gallois de psychobilly formé vers 1982 à Cardiff, au Pays de Galles. Il a été l’un des premiers groupes de la première vague à mélanger le punk rock et le rockabilly, et est donc considérés comme très influents sur la scène psychobilly. Le groupe affirme souvent que son nom provient de la phrase « Demon teds are go ! », une adaptation de la phrase « Thunderbirds are go ! » de la série télévisée Thunderbirds.

16 h 30 le quatuor anglais de Demented Are Go attaque, ses membres (contrebasse ; guitare ; batterie ; chanteur) maquillés et déguisés en zombies et crêtes sur le crâne.

Les maîtres du psychobilly envoient leur énergie communicative. Ça bouge bien dans le pit après le moment de calme que nous avons eu avec Church Of Misery !

Pour suivre Demented Are Go :

The Hillbilly Moon Explosion

Le groupe suisse The Hillbilly Moon Explosion joue un mélange d’un peu de boogie et de country, d’un peu de swing et de blues – et de rock’n’roll à plein régime !

Le quatuor est formé de :

  • Batteur : Sylvain Petite, il est français !
  • Lead guitar : Duncan James (anglais)
  • Chanteuse : Emanuela Hutter
  • Oliver Baroni (De Chelsea)

À 17 h 47, The Hillbilly Moon Explosion arrive sur scène sur la BO d’Ennio Morricone, A Fistful of Dollars et et il est « un petit boogie time » ! Quelques mots en français du chanteur contrebassiste « Hello SYLAK ça va bien ? » La chanteuse attaque la deuxième chanson après une coupe de champagne. Le troisième titre sera The long way down puis Eh oh let’s go / Down on your knees Les trois hommes du groupe sont en chemises, la chanteuse et guitariste est en t-shirt Motorhead. Sur ce qui devait être l’avant-dernière, la chanteuse échange sa place avec le guitariste qui passe au chant et elle a la contrebasse pour un nouveau boogie. 18 h 20 : sur ce qu’ils annoncent comme la dernière, ils reprennent leurs places initiales. Mais ensuite, ils rappellent Mark « Sparky » Philips (qui semble bourré) du groupe précédent pour un morceau commun dédié « to the lovers » : My love for evermore puis un nouvel invité arrive à la guitare, il les a aidés sur leur dernier album. Ils nous disent au revoir là-dessus à 18 h 32.

J’ai passé ce set scotché à la crashe barrière quasiment au centre et j’ai bien apprécié ce moment !

EyeHateGod

EyeHateGod, de la Nouvelle-Orléans, est le son belliqueux et grinçant de l’Amérique résignée. Depuis 1988, ils fournissent la bande-son d’une société parallèle pessimiste. C’est de la musique hargneuse (Black Sabbath rencontre Black Flag) pour des temps peu reluisants.

À 18 h 59, Eyehategod se met en place. Nous apprenons qu’ils ont pris une guitare à Church Of Misery. Il est 19 h 49 lorsque nous avons droit aux mots de la fin : « Thank you see you later ! »

J’ai, là encore, bien aimé leur Doom/Sludge et il m’a semblé que le public a également apprécié la prestation.

Soulfly

Parmi les musiciens les plus prolifiques de l’histoire du Death Metal brésilien et international, Max Cavalera a cofondé Nailbomb, Cavalera Conspiracy, Go Ahead And Die et Killer Be Killed, publiant album après album sous le regard enthousiaste des critiques et des fans. Néanmoins, aucun projet ne s’identifie autant à Max que Soulfly.

Les hymnes sauvages de Soulfly poussent leur musique à ses limites tout en jouant avec nuances et de dissonances. Comme tous les héros musicaux novateurs, Max crée des hymnes pour le peuple. Soulfly est une célébration de la famille et de l’héritage. Lorsque Max Cavalera joue avec ses guitares à quatre cordes, cela libère toujours les âmes.

20 h 20, Soulfly est là ce soir pour la dernière date de sa tournée. La foule s’est amassée dans la fosse jusqu’après la régie pour voir le groupe lui déverser son Groove Metal dans les oreilles. Nous avons eu droit à des titres comme Prophecy et Jumpdafuckup et nous avons la réponse à la question d’hier : ils n’ont pas fait la chanson jouée par Sepultura. 21 h 15 : c’est déjà la fin de ce qui, comme nous pouvions le prévoir, fut une belle baffe !

Deicide

Deicide, formé en 1987 à Tampa en Floride est le quatrième groupe fondateur de la scène Death Metal américaine (avec Death, Morbid Angel et Obituary).

De 21 h 40 à 22 h 40, c’est au tour de Deicide d’œuvrer sur la scène du SYLAK. Je pense l’avoir déjà dit par ailleurs, mais le Death ça n’est que rarement ma tasse de thé et là, ce ne fut malheureusement pas le cas. Néanmoins, le groupe a joué propre malgré les quelques soucis techniques qu’ils ont subi durant leur prestation.

Heilung

Heilung est un groupe folk expérimental composé de membres venant du Danemark, de Norvège et d’Allemagne. Leur musique est basée sur des textes présents sur des artefacts de l’âge du fer et de l’époque viking. Ils décrivent leur musique comme « une histoire amplifiée venant du début du moyen-âge du Nord de l’Europe ». Heilung signifie « guérison » en allemand.

À 23 h 25, la cérémonie Pagan Folk des Danois d’Heilung démarre doucement avec leur magnifique scénographie arboricole, à 23 h 45 des guerriers font leur apparition. Ils sont désormais plus de quinze sur scène !

Je ne peux pas vous retranscrire correctement le sentiment d’unité et de vibrations communes lors de cette prestation qui était à vivre sur place dans la fosse. « Merci Beaucoup » pour conclure puis nous avons droit à la fin de leur cérémonie chamanique sur un grand cri collectif. Ils nous ont raconté une histoire dans ce magnifique show audio-visuel et psycho-sensoriel exceptionnel et d’une « carretitude » totale.

Je vous avoue qu’Heilung était l’une de mes grosses attentes de ce festival, si ça n’est pas la plus grosse. Je les attendais, j’ai été servi d’une façon absolument superbe.

Quel final grandiose pour ce festival SYLAK 2023 !!!

Conclusion

Difficile de résumer trois jours en quelques mots, heureusement, les équipes du SYLAK ont sorti leur aftermovie :

Merci aux équipes du SYLAK, bénévoles et techniciens pour ce beau festival que nous avons eu !

Et surtout, n’oubliez pas : sans public, pas de spectacle vivant ! Alors, une nouvelle fois, soutenez les festivals par chez vous, surtout s’ils sont organisés par des associations locales et pas des multinationales.

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Olivier

"La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil." - Friedrich Nietzsche